V

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Igen – pixabay

Ici nulle place pour le piano et les roses –
Seulement l’encens entêtant et
Les notes électriques, et j’entends

Les basses étouffées résonner
Dans votre poitrine,
Trouver écho dans la mienne ;

Et votre corps se tord
Contre le mur noir
Où dansent nos ombres

Irréelles.

Mon poignet ondule,
Suit le chant lancinant
De vos soupirs

Tandis que je sème,
L’haleine liquoreuse,
Des mots sucrés dans vos cheveux.

J’écoute votre âme à travers votre peau qui vibre,
Et mon cœur puise à vos lèvres
Notre amour

Irréel

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La jeune fille de la mer #4

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Source pexels.com

Voilà des jours que je suis là sur cette plage. Je n’ai même pas compté combien. Je n’en ai pas besoin. Je ne veux plus courir après le temps comme le font tous les humains. Je ne veux plus regarder l’avenir pour voir la mort au bout et me dire que je dois vivre le plus possible, être là pour quelque chose dans ce monde, y laisser ma trace. Et je ne veux pas non plus regarder encore vers le passé, il doit rester derrière moi, et ne plus me blesser, et je ne veux plus me sentir mal en pensant à cette personne que j’aimais et qui est devenue autre… désormais je veux mettre un monde, une éternité entre elle et moi.

*

Penser à l’avenir et avoir peur, penser au passé et avoir mal, voilà qui n’a aucun sens… les mots seuls ont du sens.

Ses mots, qui en fait sont tout ce qu’il y a de plus commun mais qui, dans sa voix, sont autres. Les mots seuls ont du sens, les mots échangés qui servent à connaître l’autre – à la connaître, elle.

J’en apprends chaque jour un peu plus, et au fur et à mesure, je retrouve mon âme, je reprends vie. J’avais oublié que j’avais une âme, que moi aussi, je pouvais parler, que quelque part, quelqu’un saurait m’écouter… Lire la suite

IV

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Source pexels.com

J’ai vos masques en filigrane
Visages d’encre rouge
Sur mes élytres de papier

Et votre âme close
– Obstinément –
Ainsi me rebaptise : « Personne » –

Et pourtant vos lèvres
Ont pansé, délicates,
Les plaies de mon sourire ;

Et pourtant votre main
Fut mon ancre
Quand tout au bord du monde
Je me penchais…

Et pourtant, poudreux rayon,
Vous me guidiez –
Papillon ébloui ;

Et pourtant je frôlais les étoiles
Quand de votre amour
Vous épousiez mes flancs…

Mais je me souviens surtout des baisers froissés
Du matin où naquirent vos serments –

Ces promesses de sable

La jeune fille de la mer #3

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Source pexels.com

L’eau a heurté mon dos comme une claque. L’espace d’un instant je me suis demandé où j’étais, la seconde suivante, si j’allais y rester. Plutôt, s’il fallait, ou s’il ne fallait pas, que j’y reste.

Mes faiblesses – physique et morale – ont pris la décision à ma place : ma poitrine oppressée par le choc, le poids de l’eau qui m’écrasait, le sel qui me brûlait les yeux ont eu raison de tout embryon de pensée morbide.

Alors j’ai repris le contrôle de mes membres, j’ai rejoint l’air libre et me suis traînée vers une sorte de crique que j’apercevais à ma droite. Je me suis échouée sur le sable comme un navire brisé, et j’ai reconsidéré, paisible, la vie. Si j’avais perdu pied quelques centaines de mètres plus tôt, j’aurais atterri sur le sable et non dans l’eau. Je ne pus m’empêcher de penser qu’alors tout dilemme vital aurait été résolu avant même que j’aie eu le temps de le concevoir, et j’en frissonnai. Lire la suite

Ce qui reste

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Adrianna Calvo – pexels.com

Qu’il est étrange de voir la brume
Subtilement éclipser mon guide,
L’étoile qu’ont suivie
Mes pas fidèles autant qu’aveugles…
Et qui pourtant ont porté
Ce corps crucifié par le manque.

Seule face à l’infini des possibles,
J’essaie d’estomper
Les stigmates de ton absence –
Excavations dans ma chair,
Poignards dans le cœur – jusqu’à la garde…

Étrange douceur à l’arrière-goût de peine…
Étrange berceuse
Que cette fontaine aux merveilles,
Qui dans ma mémoire
Abreuve encore nos heures… Lire la suite

Une rencontre – extrait

Il était évident qu’elle avait pleuré. D’ailleurs les larmes — ou la pluie — faisaient sur ses joues empourprées comme de la rosée sur le délicat pétale d’un coquelicot.

Quelque chose en moi vacilla à l’instant où mon regard se posa sur ses lèvres. Elles semblaient avoir oublié comment sourire.

Texte original écrit pour Mug’s Tale – Thème « Random words » : Une rencontre

-II

C’est de la lave qui coule à présent
Tu déglutis et tout
Se teinte de rouges, de bleus

Je grappille les secondes
– Peur de l’hypothétique –
Tandis que craquent les aiguilles…

J’érige un mur
Autour de mes idées, mais rien n’empêche
La plume de saigner.

Les rayons te transpercent alors qu’en toi
S’élime le fil ;
Et je tremble

D’entendre s’affairer
Les ciseaux de la Parque

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